LA TERRE NOUS EST ÉTROITE

Cette série, issue d’un voyage en Cisjordanie en automne 2022, emprunte son titre à Mahmoud Darwich, Palestinien, écrivain engagé qui a subi l’exil et dont la poésie est consacrée en grande partie à la nostalgie d’une terre perdue.

Elle tend à montrer, qu’au cœur de l’intolérable, à Gaza comme en Cisjordanie, émane la beauté de la résistance d’un peuple animé par la certitude qu’un jour il remoissonnera sa terre.

« La terre nous est étroite » parce que la Palestine est devenue cette portion de terre oblongue qui s’amenuise au fil du temps par l’occupation et la colonisation.

« La terre nous est étroite » parce qu’elle est la chair de tous les palestiniens qui ont un attachement viscéral à la terre et à ses produits, c’est par la terre qu’ils vivent, mais c’est aussi pour elle qu’ils perdent la vie.

La plupart des Palestiniens étaient des agriculteurs. Les priver du droit d’accès à leur terre, c’est les amputer aussi du droit à leur identité. L’olivier est le symbole de cette identité. Le peuple palestinien résiste tout comme ces arbres qui s’enracinent dans la terre et que les colons tentent d’arracher dans une volonté de dépalestiner la Palestine.

Ces images rendent hommage à celles et ceux qui luttent au quotidien pour le droit au retour, à celles et ceux qui résistent, à celles et ceux qui vont d’exil en exil, aux enfants, aux femmes et aux hommes morts pour une terre identitaire et nourricière. Elles cherchent à porter le deuil très loin jusqu’à son point d’incandescence, celui d’une nouvelle espérance.